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Pression des pneus sur circuit : la cible est à chaud, pas à froid

Régler à froid, c'est régler à l'aveugle. Comment viser une pression chaude, et pourquoi il faut la noter circuit par circuit.

Vous passez la journée à retirer 0,2 bar, puis à en remettre 0,1. En fin d'après-midi, l'auto tourne enfin bien. L'année suivante, sur le même circuit, vous recommencez de zéro.

Le problème n'est pas le réglage. C'est qu'on règle la mauvaise grandeur, et qu'on ne note pas la bonne.

La pression qui compte est celle à chaud

Un pneu de piste travaille à sa température de fonctionnement. La pression y monte de 0,4 à 0,8 bar par rapport au froid, selon le pneu, le circuit et le rythme.

La pression à froid n'est donc pas un réglage : c'est un point de départ choisi pour atteindre une cible chaude. Deux journées à la même pression froide, l'une à 8 °C en novembre et l'autre à 32 °C en juillet, donneront deux comportements très différents.

Ordres de grandeur, à ajuster selon le pneu :

  • pneu route sportif : 2,4 à 2,6 bar à chaud ;
  • semi-slick type AR‑1, R888R, Cup 2 : 2,0 à 2,3 bar à chaud ;
  • slick : 1,6 à 1,9 bar à chaud, avec des recommandations précises du manufacturier — suivez-les, elles sont fiables.

Pour y arriver, on part généralement 0,4 à 0,6 bar en dessous à froid, puis on corrige d'une session à l'autre.

Comment lire le pneu plutôt que le manomètre

Le manomètre dit la pression. Le pneu dit s'il travaille bien.

Trop gonflé : l'usure se concentre au centre de la bande de roulement, le grip est fuyant, l'auto glisse des quatre roues. Le pneu chauffe peu parce qu'il fléchit peu.

Pas assez gonflé : l'usure déborde sur l'épaule extérieure, la direction devient molle, et le pneu monte en température de façon excessive — le sous-gonflage détruit un semi-slick bien plus vite que le sur-gonflage.

Le repère le plus utile : les indicateurs d'usure sur l'épaule. Si le pneu roule au-delà, il manque de pression ou de carrossage.

Un pyromètre à aiguille change tout : trois mesures par pneu — extérieur, centre, intérieur — juste après la session. Un centre plus chaud que les épaules de plus de 10 °C signale un sur-gonflage ; l'inverse signale l'excès contraire.

Ce qui déplace la cible

La température ambiante et celle de la piste. C'est le facteur dominant. Un même réglage se comporte différemment à 15 et à 35 °C.

La pluie. On monte la pression pour affiner l'empreinte et percer la lame d'eau — souvent 0,2 à 0,3 bar de plus.

Le tracé. Un circuit à longs appuis à droite comme Magny-Cours surcharge le pneu avant gauche, qui montera plus haut que les autres. On ajuste roue par roue, pas essieu par essieu.

Le rythme. Trois tours de reconnaissance ne montent pas un pneu comme vingt minutes en attaque. Une pression relevée après une session tranquille induit en erreur.

La règle qui fait gagner du temps l'année suivante

Notez, à chaque session : les pressions froides de départ, les pressions chaudes à la sortie, la température ambiante, l'état de la piste, et une phrase sur le comportement.

Trois données, une minute. C'est ce qui fait qu'à la sortie suivante sur le même circuit, vous partez d'un réglage qui a déjà fonctionné au lieu de reconstruire toute la journée.

Personne ne le fait, parce que le carnet reste dans la voiture et que le téléphone est dans la poche du pilote — et parce qu'une note perdue dans une application de notes ne se retrouve jamais.


StemmaPass garde ces réglages par circuit. Le carnet de setups enregistre les pressions, le carrossage et les réglages de suspension avec la session à laquelle ils correspondent — et vous propose le dernier réglage utilisé sur ce circuit quand vous y retournez. C'est la fonctionnalité la plus banale du produit et celle dont les utilisateurs disent le plus qu'elle leur manquait.

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